Le saviez-vous ?
Aujourd’hui 45% des français (dont 74% des 15-25 ans) consomment la musique en ligne légalement (téléchargement/streaming). Sur l’offre légale, plusieurs comportements se distinguent : 56% des personnes interrogées consomment la musique en streaming (audio et vidéo) mais ne téléchargement jamais, 22% ne font que du téléchargement et les 22% restant correspondent aux streamers également adeptes du téléchargement. Le streaming audio est ainsi le modèle de consommation le plus plébiscité notamment chez les 15-24 ans.
Mais les revenus reversés par ces plateformes représentent moins de 12% des revenus digitaux des producteurs de musique, soit moins de 2% de leurs revenus globaux… Plus alarmant, si le téléchargement légal sur Internet est en forte croissance (+19,6% en 2010), les abonnements quant à eux explosent (+60% en 2010). En revanche, la progression des revenus du streaming financé par la publicité stagne autour de 8% (9.8 millions en 2010 contre 9 millions en 2009).
Or, en 2010 plus de 1,2 milliards de streams de titres ont été effectués sur les sites de streaming rémunérés par la publicité sans compter les milliards de streams liés aux plateformes vidéos… Il existe donc un énorme déséquilibre entre l’usage des services de streaming gratuit et les revenus qu’ils génèrent pour financer la création. Il est donc fondamental d’augmenter le volume de publicité sur ces sites.
Nous encourageons le streaming gratuit financé par la publicité qui demeure incontestablement un formidable outil. Il permet de découvrir des nouveaux talents, d’explorer un catalogue d’œuvres non exposées en média traditionnels mais également de revisiter des classiques. Cependant, si le streaming gratuit veut s’inscrire dans un développement durable, il ne doit pas engendrer de distorsion de business modèle et des usages. Il ne peut se substituer à l’achat à la carte ni à l’abonnement au risque de ne pouvoir assurer sa pérennité.
Pour ceux qui pensent que si nous suivions cette logique jusqu’au bout, nous devrions appliquer la même règle de limitation aux radios et aux télés, il est nécessaire de préciser que la différence fondamentale entre streaming et radio/tv réside dans la logique de programmation. D’un côté nous sommes dans un mode de consommation active et de l’autre dans un mode de consommation passive.
Le consommateur est déjà familier des formules d’abonnement dans le domaine de la télévision. Prenez l’exemple de Canal + qui invite ses téléspectateurs à découvrir une partie de ses programmes en clair, l’intégralité de ces derniers étant uniquement disponible sur abonnement. Si Canal + était gratuit, il n’aurait logiquement que très peu d’abonnés ! Par ailleurs, les internautes sont également habitués à ce fonctionnement dans l’écosystème des logiciels disponibles en version d’essai qui, arrivés à expiration, nécessitent l’achat d’une licence.
Enfin, il est important de noter qu’à un même niveau d’écoute, l’artiste, le producteur et l’éditeur perçoivent dix fois moins de revenus dans le cadre d’une consommation rémunérée par la publicité que dans le cadre d’une formule d’abonnement.
Nous défendons ce discours depuis le début et nous avons ainsi contribué au développement de ces plateformes car cela nous semblait essentiel afin de faire découvrir au public ce nouveau mode de consommation. Notre démarche s’inscrit donc dans un processus d’évolution en faveur du modèle de l’abonnement. C’est le modèle que nous défendons et qui a déjà fait ses preuves en Suède et déjà même en France, où nous comptons aujourd’hui + de 600 000 abonnés.
Notre devoir de producteur est de protéger la création afin de préserver la diversité musicale et d’assurer la pérennité de notre industrie. Nous ne pouvons envisager le cas du marché italien où les productions locales ont été annihilées pour ces mêmes raisons. La mise en place d’un cadre autour de ces offres de streaming gratuites rémunérées pas la publicité est donc essentielle. Nous pourrons ainsi convertir les plus gros consommateurs de musique en abonnés et les inviter à contribuer au financement de la création en accédant à des millions de titres, même hors connexion, sur de multiples terminaux pour un prix inférieur à celui d’un album par mois.
Sources : SNEP Bilan du marché de la musique enregistrée de l’année 2010 et Rapport de synthèse Etude Musique Numérique – Janvier 2011
Télécharger les études complètes :
SNEP-Bilan de l’année 2010 du marché de la musique enregistrée
SNEP- Musique numérique : Pratiques et perception des Français
© 2010 - Universal Music France - Mentions légales - Contact - Recrutement
Et donc, tout naturellement, il est nécessaire de brider le streaming gratuit, histoire d’obliger les consommateurs à passer sur un abonnement. C’est vrai quoi, sale gamin de 14 ans qui écoute sa musique sur Deezer, il nous rapporte pas assez de thune !
Les personnes qui n’ont pas d’abonnement actuellement ne prendront pas d’abonnement par le futur, souvent par manque de moyens. Sans revenus (et ce fût mon cas un long moment), ils ne PEUVENT pas passer à l’abonnement.
Imagineons un schéma simple. Kévin a aimé un morceau de musique. Mais il sait que le piratage n’est pas bien, et continue donc à l’écouter sur Deezer, malgré la publicité qui l’ennuie, mais qui est nécessaire.
Au fil du temps, ce morceau commence à signifier quelque chose pour lui: il lui associe des souvenirs, des sensations.
Et puis, on lui annonce qu’il ne pourra plus l’écouter, parce qu’il ne rapporte pas assez d’argent et qu’il faut s’abonner. Mais Kévin, il n’a pas d’argent.
Que va-t’il faire?
Se tourner vers les plate-forme illégales. Sans publicités trop dérangeantes.
Félicitations, vous avez créé un nouveau « Pirate ».
Etonnement, toute solution qui permettrait à l’ensemble de la population d’accéder à la musique vous dérange. Faut-il faire partie d’une élite pour avoir accès à la culture ?
PS: Pour ma part, je n’ai pas accès à l’offre gratuite ou payante des deux principals sites de streaming de musique. Mais c’est pas grave. Le-logiciel-dont-on-ne-peut-citer-le-nom m’aide bien en cas de besoin de numériser un de mes CD pleins de protections.
On n’en parle quasiment jamais mais le mode de consommation préféré de musique en ligne des Français est Youtube. Est ce que cette plateforme ne pourrait pas devenir une des premières sources de financement de la musique ?
Avec des publicités vidéos dont le cout pour l’annonceur est d’environ 0,15€ par diffusion, si les labels, major ou indé, bloquaient systématiquement les versions non-officielles (donc illégales…) de leurs titres pour canaliser toutes les vues sur leur compte officiel, avec des bons clips qui créent le buzz et une pub avant, les quelques millions de vues pourraient se transformer en quelques centaines de milliers d’euros rapidement… Et ceci juste pour du streaming. Si dans la description de la video, vous ajoutez le lien vers itunes, vous pouvez certainement doubler votre chiffre d’affaire avec 5% de transformation.
Par contre effectivement, ça demande un teasing important, une proximité de l’artiste avec ses fans etc, des mises à jour régulièrement etc…
Ce système qui s’est déjà pas mal répandu aux US (RWJ, Dave Days, MysteryGuitareMan…) a fait ses preuves outre-atlantique mais on a encore du mal à passer le pas en France… Le DA de demain doit aussi être community manager !
Cher Pascal,
Comment pouvez vous écrire sans sourciller – je cite – « Nous encourageons le streaming gratuit financé par la publicité ».
Pour avoir accès au catalogue d’Universal Music, les plateformes de streaming doivent d’affranchir d’un minimum garanti s’élevant a la modeste sommes de quelques centaines de milliers d’euros par an (source : jiwa). Somme a verser pour chacune des majors dont l’entreprise souhaite exploiter le catalogue.
Ce versement minimum n’est donc pas proportionnel au nombre d’écoutes effectuées via la plate forme de streaming qui s’est affranchie de ce coût d’entrée.
En somme vous, comme les autres, sans engager aucune dépense vous donnez la garantie d’un minimum à percevoir sans lien avec le succès de l’entreprise. Elle prendra tous les risques et, souvent, se trouvera étouffée par ces couts fixes sans lesquels il n’est bien évidement pas possible d’imaginer percer dans le marché.
Où est l’encouragement dans ce montage ? En quoi est-il incitatif au développement de l’offre de streaming ?
Il est en tout cas sans risque pour vous il me semble.
D’autre part mes chers consommateurs de produits Universal Music (pardon, de « biens culturels ») ne perdez pas de vue que le streaming sur abonnement représente pour les Majors une rente.
En effet la ou avant il fallait vendre des CDs pour faire du chiffre d’affaire, mais ou on ne pouvait (au mieux) espérer vendre un CD une seule fois à un consommateur, c’est maintenant un système d’abonnement au catalogue existant qui se met en place.
Si j’arrete de payer mon abonnement (parce que je ne peux plus me le permettre), il ne me reste rien à écouter, la ou avant je pouvais continuer à écouter mon CD. Le droit à l’écoute ne pouvait, techniquement, pas m’être retiré. Cela change avec le streaming.
Aux yeux des majors, ce flux de revenus récurent (une somme fixe par mois et par consommateur, sans prêt entre individus) est bien plus rassurant que l’achat sporadique de disques (qui au moins forcait les maisons de disques a continuer à faire de nouvelles productions pour entretenir son chiffre d’affaire).
Clairement, c’est notre cas! Lorsque nous avions créé CineWan (plateforme de VOD financé par la publicité), la barrière fut incontestablement les MG (minimum Garanti) obligatoire à devoir à tous les ayants droits.
Notre modèle, sur le papier, marchait quand même mais qui sait ce qu’il serait advenu une fois lancé.
pourtant de nombreuses majors nous ont fait confiance sur l’idée il est vrai, mais pour la plupart elles espéraient prendre les MG et c’est tout.
Notre modèle très innovant en terme de publicité commençait à faire la joie des annonceurs à qui nous l’avons montré.
Bref content d’entendre que maintenant vous soutenez le streaming financé par la publicité et sans MG j’espère!!
Bonjour,
Personnellement depuis que j’utilise spotify, je n’ai plus télécharger le moindre mp3 (quasiment depuis son lancement), je l’utilise sur pc et aussi sur mon téléphone portable occasionnellement (je m’abonne au mois selon mes besoins). Certes le catalogue n’est pas encore au top mais j’y trouve quand meme mon compte.
Sachez, qu’il sera toujours possible de copier un morceau (nul besoin de le télécharger, suffit d’utiliser un logiciel qui enregistre le son diffuser sur la carte son).
La musique financé par la pub pourrait etre la solution…
Hav fun !
« Nous défendons ce discours depuis le début et nous avons ainsi contribué au développement de ces plateformes car cela nous semblait essentiel afin de faire découvrir au public ce nouveau mode de consommation. »
« Nous pourrons ainsi convertir les plus gros consommateurs de musique en abonnés et les inviter à contribuer au financement de la création en accédant à des millions de titres, même hors connexion, sur de multiples terminaux pour un prix inférieur à celui d’un album par mois. »
J’aime bien « faire découvrir au public ce nouveau mode de consommation », le « même hors connexion » et « sur de multiples terminaux » (Sans DRM j’espère).
Ça fait juste plus de 10 ans que Napster permet de faire, certes illégalement, ce dont tout le monde a envie, le plus simplement du monde, c’est-à-dire que même Madame Michu pouvait télécharger un titre et l’écouter comme elle le souhaite. Aujourd’hui, madame Michu doit avoir un BAC+5 pour savoir comment télécharger et comprendre les différents formats, avec DRM ou pas, pour savoir si la plate-forme est compatible avec tout ses appareils. D’autant plus que si elle veux avoir accès à tous les titres, elle doit passer par plusieurs prestataires différents.
On attend toujours l’offre légale qui sera aussi performante que l’offre illégale… 10 ans de retard dans le monde numérique, ça commence à faire beaucoup !
« Nous défendons ce discours depuis le début et nous avons ainsi contribué au développement de ces plateformes car cela nous semblait essentiel afin de faire découvrir au public ce nouveau mode de consommation. »
« Nous pourrons ainsi convertir les plus gros consommateurs de musique en abonnés et les inviter à contribuer au financement de la création en accédant à des millions de titres, même hors connexion, sur de multiples terminaux pour un prix inférieur à celui d’un album par mois. »
J’aime bien « faire découvrir au public ce nouveau mode de consommation », le « même hors connexion » et « sur de multiples terminaux » (Sans DRM j’espère).
Ça fait juste plus de 10 ans que Napster permet de faire, certes illégalement, ce dont tout le monde a envie, le plus simplement du monde, c’est-à-dire que même Madame Michu pouvait télécharger un titre et l’écouter comme elle le souhaite. Aujourd’hui, madame Michu doit avoir un BAC+5 pour savoir comment télécharger et comprendre les différents formats, avec DRM ou pas, pour savoir si la plate-forme est compatible avec tout ses appareils. D’autant plus que si elle veux avoir accès à tous les titres, elle doit passer par plusieurs prestataires différents.
On attend toujours l’offre légale qui sera aussi performante que l’offre illégale… 10 ans de retard dans le monde numérique, ça commence à faire beaucoup !
Heu… C’est peut être parce que j’ai un bac+5 mais il me semble que Napster est légal depuis quelques années déjà et après avoir adopté un modèle économique type iTunes, ils se sont dirigés vers une offre de d’abonnements type Spotify…
Et quand aux 10 ans de retard de l’offre légale, itunes (ou n’importe quelle plateforme) offre un service bien meilleur que le peer to peer, legal, qui rémunère les artistes, avec un catalogue complet, des fichiers bien mieux compressés, sans virus ni faux fichiers (p0rn), sans DRM depuis bientôt 3 ans et donc compatible avec absolument tous les équipements (sauf le walkman K7 évidemment)
Mme Michu ramasse-t-elle aussi les fruits sur les arbres le long des routes ? Ils sont pollués, c’est risqué et plein de virus, mais certes: gratuit. Je ne pense pas…
Mme Michu a l’air de bien mauvaise foi.
N’inversez pas !
Ce sont les téléchargements légaux qui sont pollués, pleins de virus et risqué: les DRM qui y sont associés pourrissent la vie, se comportent parfois à la limite du respect et on a le risque qu’ils ne soient pas compatibles avec notre plate-forme d’écoute. Le pire, c’est qu’on est censé payer pour cela.
Quel est le rapport streaming => devt durable?
Cela serait plutôt antinomique, non?
Un devt dit « durable » sous-tend moins de centralisation, plus de décentration (pas la même chose que décentralisation). Certes, Spotify fonctionne un peu sur ce principe, mais lui coller l’étiquette durable….
No comment sur le bizness modèle, vous pointez le modéle dit « shareware » comme étant entré dans les mœurs des consommateurs, rien n’est moins sur. Déjà au début des 90′s plusieurs développeurs (par ex apogee software avec commander keen) pointaient le fait que très peut de français s’acquittaient d’une licence complète de leurs produits et ne voulaient pas les distribuer dans notre pays (époque des bbs).
Votre problématique n’a à mon sens, avec toute la modestie que cela implique, rien d’un nœud gordien. De mémoire, nous pouvons constater que le budget culturel des ménages dans son ensemble est stable voir en augmentation constante, de même que les offres de services se sont considérablement diversifiées ces dernières décennies. La solution se trouve donc, pour vous, à suivre cette courbe. Il faut bien évidemment prendre en compte certains paramètres contingents (devt durable !!), par ex l’évolution des mœurs et de la société, la stagnation des salaires (45% des Français n’ont pas été augmenté depuis 5 ans), etc.. ; c’est donc plus complexe qu’une matrice a double entrée….
Complexité et devt durable?
Juste une chose à affirmer pour répondre aux commentaires et non à l’article:
je ne sais pas pour les artistes signés en Majors si il existe des deals particuliers … mais sachez que les artistes indé ne « roule pas sur l’or » grâce à Deezer and Co comme vous semblez l’imaginer ! J’ai un ami signé chez Because donc bien plus côté que moi, ses relevé Sacem à la ligne Deezer font frémir tellement c’est peanuts au regard du nombre de stream qu’il engendre.
Pascal Nègre à au moins raison sur un point: il faut en finir avec les idées reçues sur les acteurs de la musique.
doors.txt;10